La gravité des crimes enregistrés par la police

Les crimes ne sont pas tous égaux en termes de conséquences pour les victimes et de dommages pour la société. Pourtant, les décomptes de crimes souvent utilisés ne tiennent compte que de la fréquence des crimes et manquent donc de précision. Certains chercheurs en criminologie ont récemment populari...

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Bibliographic Details
Main Author: Boivin, Rémi (Author)
Format: Electronic Article
Language:French
Published: 2025
In: Criminologie
Year: 2025, Volume: 58, Issue: 2, Pages: 351-376
Online Access: Volltext (kostenfrei)
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Check availability: HBZ Gateway
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Description
Summary:Les crimes ne sont pas tous égaux en termes de conséquences pour les victimes et de dommages pour la société. Pourtant, les décomptes de crimes souvent utilisés ne tiennent compte que de la fréquence des crimes et manquent donc de précision. Certains chercheurs en criminologie ont récemment popularisé une méthode d’estimation de la gravité des crimes qui a le grand avantage de ne pas nécessiter une collecte de données supplémentaires puisqu’elle se base sur les données déjà produites par les tribunaux. Au Canada, la stratégie à la base de l’Indice de gravité des crimes est de combiner les mesures de fréquence et de gravité des crimes enregistrés afin d’obtenir un seul indicateur. Le présent article argumente au contraire qu’il faut développer un indicateur complémentaire aux mesures de fréquence de la criminalité. Après avoir proposé une méthode d’estimation basée sur la médiane des infractions enregistrées, l’article contraste l’évolution temporelle de la fréquence des infractions avec celle de la gravité de celles-ci. Dans un troisième temps, une analyse des variations géographiques de la gravité des infractions enregistrées pour les territoires de toutes les organisations policières municipales du Québec et des postes de la Sûreté du Québec en 2023 est présentée. Mots-clés : Crime, gravité, police, données officielles, géocriminologie
Not all crimes are equal in terms of their consequences for victims or the damage that they cause to society. Crime counts, however, take into account only the frequency of crimes and therefore lack precision. Recently, certain criminology researchers have popularized a method for estimating the severity of crimes that has the significant advantage of not requiring additional data collection, as it is based on data already produced by the courts. In Canada, the strategy employed by the Crime Severity Index is to combine measures of the frequency of recorded crimes with their severity to obtain a single indicator. This article argues that, to the contrary, it is necessary to develop an indicator that is complementary to measures of crime frequency. After proposing an estimation method based on the median of recorded offences, this article contrasts the temporal evolution of the frequency of offences with that of their severity. Thirdly, an analysis of the geographic variations in the severity of offences recorded in 2023 for both the territories of all municipal police organizations in Quebec, as well as Sûreté du Québec stations, is presented. Keywords: Crime, severity, police, official data, environmental criminology
ISSN:1492-1367
DOI:10.7202/1121887ar