Une surveillance éducative ? Quand la sécuritisation prend la forme d’un brouillage des mandats professionnels au sein des cellules locales de prévention de la radicalisation en France
En mobilisant une large enquête qualitative conduite à l’échelle locale, l’article examine les rationalités entremêlées du travail mené au sein des cellules préfectorales de prévention de la radicalisation (CPRAF) en France. Il réinterroge l’hypothèse d’un processus de sécuritisation du travail soci...
| Main Author: | |
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| Format: | Electronic Article |
| Language: | French |
| Published: |
2025
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| In: |
Criminologie
Year: 2025, Volume: 58, Issue: 1, Pages: 27-52 |
| Online Access: |
Volltext (kostenfrei) Volltext (kostenfrei) |
| Check availability: | HBZ Gateway |
| Keywords: |
| Summary: | En mobilisant une large enquête qualitative conduite à l’échelle locale, l’article examine les rationalités entremêlées du travail mené au sein des cellules préfectorales de prévention de la radicalisation (CPRAF) en France. Il réinterroge l’hypothèse d’un processus de sécuritisation du travail sociosanitaire induit par le paradigme préventif de la lutte contre le terrorisme. L’analyse montre plus précisément que la logique de sécuritisation ne se restreint pas ici à l’enrôlement des acteurs psychosociaux dans la détection des personnes constituées comme des menaces pour la sécurité et l’ordre publics. Elle passe plutôt par un brouillage des mandats professionnels au sein de ces partenariats. Le contrôle préventif des populations « à risque » et l’accompagnement éducatif ou thérapeutique des individus dits vulnérables apparaissent en ce sens comme des objectifs placés tour à tour au service de l’autre, transformant la conception traditionnelle du soin et de l’accompagnement social. Mots-clés : Prévention de la radicalisation, sécuritisation, travail sociosanitaire, partenariats locaux, France Based on a qualitative survey carried out in France at the local level, this article examines the intertwined rationalities involved in the work carried out by local radicalization prevention units (CPRAF). The hypothesis of the securitization of social work and the mental health sector is re-examined. Specifically, this article demonstrates that the logic of securitization has not limited itself to the enlistment of social and mental health actors in the detection of people constituted as threats to security and public order. Instead, this logic involves a blurring of professional mandates within these partnerships. The preventive control of “at-risk” populations and the educational or therapeutic support offered to so-called vulnerable individuals tend to overlap and reinforce one another, thereby transforming the traditional function of care. Keywords: Prevention of radicalization, securitization, social work and healthcare, local partnership, France |
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| ISSN: | 1492-1367 |
| DOI: | 10.7202/1117819ar |
