Répression policière des manifestantes au Québec : au croisement des convictions politiques et du genre
Les criminologies féministes s’intéressent depuis longtemps à la criminalisation secondaire vécue par les femmes, c’est-à-dire l’application différentielle des lois et des normes pénales (Cartuyvels, 2007). Or, qu’en est-il de cette variation de traitement lorsque les femmes sont appréhendées par la...
| Main Author: | |
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| Format: | Electronic Article |
| Language: | French |
| Published: |
2025
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| In: |
Criminologie
Year: 2025, Volume: 58, Issue: 2, Pages: 99-124 |
| Online Access: |
Volltext (kostenfrei) Volltext (kostenfrei) |
| Check availability: | HBZ Gateway |
| Keywords: |
| Summary: | Les criminologies féministes s’intéressent depuis longtemps à la criminalisation secondaire vécue par les femmes, c’est-à-dire l’application différentielle des lois et des normes pénales (Cartuyvels, 2007). Or, qu’en est-il de cette variation de traitement lorsque les femmes sont appréhendées par la police dans un contexte de contestation sociale ? À partir d’entretiens semi-dirigés menés auprès de 42 militantes ayant vécu de nombreuses interactions conflictuelles avec la police dans leurs activités protestataires, cet article s’intéressera aux effets du croisement des convictions politiques et du genre dans la nature des rapports entre les femmes et la police. Les rencontres auprès de manifestantes nous apprennent que les convictions politiques des groupes sont bien souvent la porte d’entrée des interactions avec la police, l’adoption de certaines idéologies augmentant la fréquence et la nature de la répression policière. Cela pose la question de l’invisibilité du genre de la foule. C’est plus spécifiquement lorsque les militantes se rassemblent sur des enjeux féministes ou en mixité choisie que les dimensions genrées et politiques des identités semblent influencer le cours des interactions avec les forces de l’ordre. Mots-clés : Manifestantes, répression policière, genre, convictions politiques, féminisme Feminist criminologies have long taken an interest in the secondary criminalization experienced by women ; that is, the differential application of criminal laws and norms they are faced with (Cartuyvels, 2007). How does this differential application manifest itself when women are apprehended by the police in a context of social protest ? Through 42 semi-structured interviews with woman activists who have experienced numerous conflictual interactions with the police during their protest activities, this article looks at the effects of political ideologies and gender on the nature of relations between woman activists and the police. These interviews demonstrate that the political convictions of activists, and the groups that they are a part of, can often serve as the gateway to interactions with the police, with specific ideologies increasing the frequency and nature of police repression. This raises the question of the invisibility of the crowd’s gender, as it is specifically when activists gather around feminist issues or in non-mixed demonstrations that the gendered and political dimensions of identity appear to influence the course of interactions with the police. Keywords: Woman activists, police repression, gender, political beliefs, feminism |
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| ISSN: | 1492-1367 |
| DOI: | 10.7202/1121878ar |
